En 1816, un évêque joue autour d’une table l’une de ses terres et la perd contre Raymond Étienne Amiel. La propriété compte alors 10 hectares de vigne en pleine garrigue. Détruit par le phylloxéra en 1865, le domaine est replanté ensuite avec des vignes américaines.
Camille Gouzy s’associe avec le fils Amiel et construit sur le Mas une cave de foudres. Ruiné en 1907 par une crise de mévente, Gouzy meurt en 1910. Hypothéqué, le Mas Amiel devient la propriété de Charles Dupuy. Son fils Jean la développe et produit un vin doux naturel sous la marque Mas Amiel. Charles, le petit-fils, poursuit cette expansion jusqu’à sa mort, en 1997. En 1999, Olivier Decelle rachète le Mas Amiel qui compte alors 226 hectares dont 170 plantés de vignes.
Situé au cœur de la Vallée de l’Agly, proche de Maury, protégé au Nord par les Corbières et au Sud par les Pyrénées, les 170 hectares du Mas Amiel sont plantés sur des croupes noires entourées de falaises de calcaire blanc. Du haut de son piton rocheux, la citadelle cathare de Quéribus veille toujours sur le vignoble.
Le Roussillon a bâti sa réputation sur deux socles. L’un naturel : planté entre les deux géants Méditerranée et Pyrénées, il offre une grande diversité de paysages, petites vallées, amphithéâtres rocheux, criques isolées ou maquis arides ; le Mont Canigou, la « capitale » Perpignan, la plage d’Argelès ou le petit port de Collioure ponctuent la région. L’autre culturel issu de cette géographie : la catalanité née d’un Roussillon autrefois espagnol a laissé une forte identité régionale avec sa langue, sa cuisine (crème catalane, aïoli, tourons), son art (Dali, Picasso, Miro) ; les Cathares hérétiques ont construit leurs châteaux dans cette nature complexe pour se protéger.